Brésil, les peuples indigènes menacés

Publié le 22 février 2021

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Les populations d’espèces sont en déclin dans toutes les régions, mais ces diminutions sont particulièrement prononcées dans les trois zones tropicales. Ici, l’abondance moyenne des vertébrés en 2014 a diminué de moitié par rapport à 1970. L’IPV indique que la région néotropicale, couvrant l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, a subi le déclin le plus important avec une perte de 89% par rapport à 1970.

Toutes les populations terrestres et d’eau douce de l’IPV mondial sont assignées à l’un des cinq domaines biogéographiques principaux, caractérisés par des assemblages distincts d’espèces (définies dans Olson et al. 2001). L’Indice est ensuite recalculé spécifiquement pour les populations d’espèces de ce domaine et, dans la mesure du possible, les menaces font l’objet d’une liste pour chaque zone. Cela nous permet de mieux comprendre l’évolution de la biodiversité dans différentes parties du monde et nous aide à déterminer quels différents types de menaces locales sont à l’origine de ces changements.

Une partie de la biodiversité est menacée

La dégradation et la perte d’habitat représentent systématiquement la menace la plus signalée dans les régions. Mais il y a quelques variations notables au sein des régions et des groupes taxonomiques.

Ce Rapport Planète Vivante vient s’ajouter à un nombre toujours plus important de recherches et de documents démontrant que les systèmes naturels de notre planète sont fondamentaux pour notre société. Les taux actuels d’extinction des espèces sont de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux de base, soit le taux d’extinction Terre avant que la pression humaine ne devienne un facteur prépondérant. D’autres indicateurs mesurant différents changements de la biodiversité brossent le même tableau : celui d’une perte dramatique et continue.

Pourtant, tout porte à croire que les leaders mondiaux n’ont pas assez conscience de cette extinction massive, ou ne s’y intéressent pas suffisamment, pour impulser les changements qui s’imposent. Nous devons parvenir à intéresser le monde politique au sujet et inciter les acteurs étatiques et non étatiques à adopter un mouvement cohérent pour conduire le changement, afin que les décideurs publics et privés comprennent que le statu quo n’est pas une option.

Feuilles jungle

Les conséquences dramatiques de l’orpaillage illégal

D’ici à 2020, année où les leaders mondiaux prendront des décisions clés sur la biodiversité, le climat et le développement durable, nous avons une opportunité unique de créer un élan qui nous guidera vers l’accord le plus ambitieux à ce jour : celui qui proposera une feuille de route en faveur de la biodiversité et des populations, pour 2050 et bien après. Inverser la courbe de la perte de biodiversité — avec un nouveau cadre pour la biodiversité capable d’enrayer l’appauvrissement de la nature d’ici à 2030 — doit être au centre des préoccupations. Un tel accord est capital, non seulement pour la nature, mais aussi pour les populations, car la lutte contre le déclin des systèmes naturels est essentielle pour atteindre le programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’accord de Paris sur les changements climatiques.

 

En effet, en 2017, près de 50 scientifiques spécialistes de la conservation ont appelé à une réponse beaucoup plus ambitieuse à la crise de l’extinction. Dans sa contribution à ce projet, le WWF collabore avec un consortium de près de 40 universités, organisations de conservation et organisations intergouvernementales pour lancer l’initiative de recherche intitulée « Inverser la courbe de la perte de biodiversité ».

Rivière amazonie

Les modèles et les scénarios peuvent aider à tracer la voie à suivre. Ce travail majeur inclura explicitement la biodiversité dans la modélisation des systèmes futurs, ce qui nous aidera à déterminer les meilleures solutions intégrées et collectives et à comprendre les compromis que nous aurons peut-être à accepter. Ces modèles et analyses de systèmes constitueront la pierre angulaire d’une future édition du Rapport Planète Vivante.

Forêts et rivières dévastées

Nous sommes fiers de faire partie de cette initiative collective. Nous devons tous adhérer à cette ambition. Protéger la nature implique d’identifier les plus grandes menaces qui pèsent sur elle. Il ne reste plus beaucoup de temps.

Les scénarios et les modèles peuvent aider les scientifiques à visualiser et à explorer la façon dont les actions alternatives affectent les interdépendances dynamiques entre la nature et ses bienfaits pour l’homme et la qualité de vie. Cependant, nous sommes confrontés à un autre défi. Non seulement nous devons identifier les voies potentielles qui nous permettront de restaurer la biodiversité, mais nous devons également accomplir les transformations nécessaires tout en nourrissant une population de plus en plus importante, sous les effets accélérés du changement climatique et dans un monde en rapide évolution.

 

Par conséquent, bien que les interventions traditionnelles de conservation de la biodiversité, telles que la planification de la conservation des zones et espèces protégées, demeurent cruciales, il faut également s’attaquer aux principaux facteurs de perte de biodiversité et de changement écosystémique, tels que l’agriculture et la surexploitation.

Rivière amazonie

La section qui va suivre s’inspire d’un article dont l’idée a germé lors du brainstorming sur cette édition anniversaire du Rapport Planète Vivante. Il a été publié le 14 septembre 2018 dans la revue Nature Sustainability. « Soyons ambitieux, inversons la courbe de la perte de biodiversité 50 » soutient que le monde a besoin d’objectifs audacieux et bien définis et d’un ensemble d’actions crédibles pour restaurer l’abondance de la nature à des niveaux qui lui permettront, à elle mais aussi aux hommes, de prospérer.

L’Atlas mondial de la biodiversité des sols récemment publié a cartographié pour la première fois les menaces potentielles pour la biodiversité des sols à travers le monde. Un indice de risque a été généré en combinant huit facteurs de stress potentiel pour les organismes du sol : appauvrissement de la diversité à la surface, pollution et surcharge en nutriments, surpâturage, agriculture intensive, incendies, érosion du sol, désertification et changement climatique.

Cette dégradation de la nature figure parmi les problèmes les plus graves auxquels le monde est confronté, mais les objectifs actuels et les actions qui en découlent se traduisent, dans le meilleur des cas, par un ralentissement du déclin. 

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